Les abeilles hibernent-elles ?!


Les marmottes hibernent, les humains s’enfouissent sous la couette et les abeilles… que font-elles en plein hiver ? Poursuivent-elles leur vie trépidante pendant les mois où le mercure est au plus bas ou s’endorment-elles tout au long de l’hiver ?


Les abeilles appartiennent à l’un des ordres les plus importants du règne animal, les hyménoptères (plus d’un million d’espèces connues), qui compte également, entre autres, les guêpes et les fourmis. On connaît environ 2 000 espèces d’abeilles, dont 1 000 en France. Ce sont, par leur activité de butinage, les principales pollinisatrices de fleurs, et, sans elles, nombre de plantes ne pourraient se reproduire. Si l’abeille domestique (Apis mellifica) est sociable, la plupart des autres espèces sont solitaires. Leur comportement face à l’hiver, au froid et à la raréfaction de la nourriture sera donc très différent.

De manière générale, les animaux ont plusieurs méthodes pour passer l’hiver. Elles dépendent en premier lieu de leur mode de chauffage :

  • Les mammifères et les oiseaux gardent une température à peu près constante par production de chaleur interne.

  • Au contraire, les reptiles, batraciens, poissons ou insectes n’ont pas des températures constantes et dépendent de sources extérieures de chaleur.

  • Certains mammifères ou petits oiseaux pratiquent le changement de température interne au moment où ils sont inactifs. Ainsi, le paresseux diminue sa température la nuit. L’abaissement de la température peut aller de 10° à 15° et permet d’économiser le "carburant".

  • Et puis il y a carrément l’hibernation. Les vrais hibernants, comme le hérisson, la chauve-souris, la marmotte ou le lérot, voient leur température passer de 34-35° à 4° à 6°. Les battements cardiaques du hérisson passent de quelque 190 battements par minute à 20 par minute. Son rythme respiratoire passe de 40-50 respirations par minute à 9-10. Les dépenses énergétiques de l’animal sont diminuées de 30 à 50 fois.

Alors hibernation ou hivernation : une petite lettre somme toute insignifiante mais sur laquelle repose le métier d'apiculteur. En effet, si elles hibernaient, elles n'auraient pas besoin de faire de stock de miel. Elles se gaveraient toutes individuellement comme le font certains mammifères afin de s'engraisser pour passer plusieurs mois dans les bras de Morphée.

Comment hivernent les abeilles domestiques ? Comment se préparent-elles à la chute des températures ?

Les abeilles sauvages et domestiques n’ont pas le même fonctionnement. Les abeilles domestiques sont une exception dans le monde des abeilles : elles ne vont pas hiberner mais hiverner.

Tout commence à la fin de l’été ! La Reine Mère se remet à pondre provisoirement pour remplacer les abeilles d’été de la colonie, complètement usées par le butinage. Elle va donner naissance, lors de ces dernières pontes, à ce que l’on appelle des abeilles d’hiver, différentes des abeilles dites d’été, car elles n’ont pas les mêmes rôles à remplir.

Ainsi, à l’entrée de l’automne, on assiste à une réduction importante du nombre d’occupants. La population qui avait pu atteindre ou dépasser 50.000 ouvrières en mai et juin, va décroître progressivement jusqu’à passer en dessous de 20.000 abeilles en décembre ou janvier

Abeilles d'été VS abeilles d'hiver :

Contrairement à une abeille d’été, qui butine les fleurs, une abeille d’hiver ne sortira presque pas de la ruche. Une autre différence est sa longévité : alors qu’une abeille d’été vit de 45 à 60 jours, une abeille d’hiver vivra de 150 à 200 jours. En effet, les nouvelles-nées possèdent des réserves de graisse importantes et sont fortes et saines. C’est cette protection qui leur permet de vivre bien plus longtemps que leurs sœurs nées quelques mois auparavant.

Les abeilles d’hiver sont nées pour accomplir plusieurs missions très importantes : assurer le long hivernage, aider à la survie du groupe et surtout de la reine et enfin effectuer l’élevage, en prime, du premier couvain printanier.

Il faut alors saluer leur courage car ces abeilles ne connaîtront jamais la "grande vie", les corolles enivrantes et la liberté des grands espaces, tirant leur révérence au printemps. Pendant l’hiver, si la température dépasse les 12°C, elles ne sortiront que pour quelques vols risqués de propreté afin d’éviter le développement de maladies dans la ruche.

Les comportements de la colonie au moment de l’hiver :

Les abeilles qui peuplent nos ruches savent parfaitement se défendre des rigueurs de l’hiver. En effet, elles adoptent toute une série de comportements qui vont permettre à la colonie de passer la mauvaise saison et de se développer à nouveau au printemps.

Le plus connu est la constitution de réserves de pollen et surtout de miel à la belle saison. Ces réserves vont permettre aux abeilles de faire fonctionner leur système de "chauffage".

En effet, les abeilles d’hiver doivent garantir une température correcte à l’intérieur de la ruche. Pour cela, elles se serrent les unes contre les autres pour former une boule appelée "grappe" à proximité des réserves de miel. Cette grappe est le moteur de la chaleur au sein de la ruche. Les abeilles du cœur, garde rapprochée de sa Majesté, contractent et font vibrer leurs muscles à la manière d’un frisson prolongé. Elles produisent alors de la chaleur qui fait monter la température aux alentours des 30° C. Les efforts dépensés lors de la vibration de ces muscles sont possibles par le fait que les abeilles consomment les réserves de miel.

C’est un système formidablement évolué à géométrie variable digne de nos chauffages les plus perfectionnés : en périphérie et "empilées" sur plusieurs couches, d’autres abeilles, munies de leurs petits poils, forment un manteau super isolant.

Leur force s’exprime dans leur solidarité : quand les chauffeuses sont fatiguées, elles partent en périphérie pour être remplacées par des abeilles du manteau… et ainsi de suite, un peu comme les Manchots Empereur qui forment la "tortue" sur la banquise.

Ce manège ne s’arrête jamais, 24/24h, 7/7j sauf quand le soleil daigne réchauffer la ruche de ses rayons.

Ainsi, les ouvrières arrivent à maintenir une certaine température au cœur de la ruche et ce, malgré le froid extérieur. Cette chaleur leur permet de continuer plus ou moins certaines activités. C’est donc le miel, laissé en réserve, qui en plus de nourrir les larves tout au long de l’année, sert à nourrir ces ouvrières et la reine durant cette période.

Les activités sont cependant assez réduites et elles ne sortent pas tant que la température extérieure est en-dessous de 12 °C environ. Avec les beaux jours, leur activité légendaire devrait pouvoir recommencer.

La dernière stratégie employée par les abeilles pour mieux passer l’hiver peut nous sembler assez cruelle. Cela concerne les mâles, appelés faux bourdons. Plus aucun mâle ne vit dans la ruche ! Soit ils sont morts avant l’hiver, soit chassés ou tués par les ouvrières qui estiment qu’ils ont rempli leur rôle en fécondant la reine pendant l’été et qu’ils n’ont donc plus aucune utilité en hiver. Donc pas de bouches inutiles à nourrir en hiver. Messieurs sont chassés par les abeilles.

La différence avec les abeilles sauvages...

Les autres abeilles, celles dites "solitaires" ou "sauvages", hivernent dès que la température descendra sous les 10°-12°. C’est-à-dire qu’elles se trouvent un abri, qui peut être un trou dans la terre et ralentissent complètement leur métabolisme. Elles restent ainsi engourdies sans bouger pendant les six mois de l’hiver en espérant avoir suffisamment de réserves et un hiver pas trop rigoureux pour survivre pendant six mois, en attendant le printemps.

Le rôle de l’apiculteur en hiver :

Si durant le printemps et l’été les colonies sont très actives et donnent une récolte à la fin de la saison, en hiver, c’est le repos et le maître-mot est la paix. Cela ne veut pas dire laisser la ruche d’abeille sans surveillance mais il faut y jeter un œil de temps en temps : la toiture, les parois… L’essentiel est de ne pas faire du bruit ou trop de mouvements pour ne pas brusquer les abeilles. Si on découvre un bon nombre d’abeilles mortes, il n’y a pas lieu à paniquer, c’est normal en cette période. La mort naturelle les touche en hiver et on peut compter dans les 3000 morts en trois mois.

Pour l’hygiène de la ruche, il est préférable mais non obligatoire de la débarrasser des cadavres au moyen d’un crochet.

Pendant l’hiver, s’il y a chute de neige, il n’y a aucun risque pour la ruche d’abeille puisque la neige est perméable et permet la circulation de l’air. Par contre, il ne faut pas laisser s’installer le gel qui est le contraire de la neige et qui empêche les abeilles de respirer. Le danger pour les abeilles en hiver est qu’un simple rayon de soleil peut les amener à sortir de la ruche d’abeille. Si elles se posent sur la neige, elles vont mourir. Aussi certains apiculteurs préfèrent mettre une tuile ou une planche à l’entrée de la ruche. Les abeilles ne sortiront ainsi de là qu’en sentant la chaleur de l’air et qu’elles ne se trompent pas avec les rayons du soleil.


Vous pesez vos abeilles ?!

Rassurez-vous, nous ne pesons pas les abeilles une par une : nous pesons les ruches.

En hiver, il est hors de question d’ouvrir une ruche. Alors, pour connaître l’état des réserves de chaque colonie, il faut peser les ruches. Comme une ruche bien garnie peut peser plus de 45 kg, et pour ménager son dos, il est conseillé de faire une "pesée arrière".

Il est dit qu’en hiver, il faut penser à apporter un complément de nourriture en dessous de 17 kg (en pesée arrière), le risque de famine se situant en dessous de 15 kg (en pesée arrière) : à moduler suivant la proximité ou non des premières floraisons. C'est aussi à relativiser au cas par cas. Les abeilles ont une capacité de survie exceptionnelle : on a déjà vu de toutes petites colonies avec peu de réserves passer l'hiver et être des plus productives la saison suivante.

C’est en février/mars (selon la zone géographique) qu’il faudra être le plus vigilant, car les besoins en nourriture vont encore s’amplifier suivant la météo du moment et la reprise de la ponte de la reine.

En attendant, donnez-leur un coup de pouce. Vous avez installé des réserves de graisse pour les oiseaux ? Pour les abeilles, plantez des fleurs précoces dans votre jardin : des crocus, des perce-neige, des primevères, des hellébores, narcisses ou jonquilles… Vous leur faciliterez le printemps.

Une ruche en Provence.

Pour parrainer une ruche, rendez-vous sur : www.unerucheenprovence.fr.

Les ruches sont installées en Provence, au pied du Luberon. Le parrainage de ruches vous permet d'obtenir du miel en contrepartie de votre participation ainsi que de suivre l'évolution de votre ruche au cours de la saison.

Plus de photos et de vidéos sur le compte Instagram de ce projet : @unerucheenprovence

Sources : http://www.insectes.org/insectes/questions-reponses.html?id_quest=38 ; https://www.la-sca.net/spip.php?article241 ; http://blogs.paris.fr/casepasseaujardin/2015/02/18/que-font-les-abeilles-en-hiver/ ; http://www.lefigaro.fr/sciences/2007/10/24/01008-20071024ARTFIG00011-mais-que-fontles-abeilles-lhiver.php ; https://www.icko-apiculture.com/fr/ruche-abeille/ ; https://magazine.laruchequiditoui.fr/lhiver-sale-temps-pour-les-abeilles/ ; http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com/page/7 ; http://www.lerucherdebussy.com/les-abeilles-hibernent-elles

Photos : https://www.flickr.com/photos/jean25420/32132136142/ - Jean Nicolet - Nikon D500 ; https://www.flickr.com/photos/59807308@N08/15995942209/ - bulbocode909 - Canon EOS 1200D ; https://www.flickr.com/photos/59807308@N08/8121771832/ - bulbocode909 - Canon EOS 450D

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Crédit Photo : Mathieu Gourgues

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