Les fleurs entendent-elles les abeilles ?


Autour de nous, de nombreux sons parviennent à nos oreilles ; le va-et-vient incessant de nos modes de transport, le brouhaha d’informations qui nous submerge au quotidien, le doux chant d’un oiseau profitant des premiers rayons du soleil, ou encore le subtil crépitement de nos premiers feux de cheminée.

Mais qu’en est-il des autres êtres vivants ? Et particulièrement des plantes ? Comment interagissent-elles avec leur environnement sonore ? Sont-elles capables d’entendre ?


Une étude menée par des chercheurs israéliens a montré qu’une plante était capable de réagir au bruit des pollinisateurs !


Marine Veits, Lilach Hadany et leur équipe de l’Université de Tel-Aviv nous ouvre les portes d’un monde encore peu étudié et qui livre des fonctionnements incroyables ; les plantes seraient capables de percevoir des sons et agiraient en conséquence en offrant un nectar plus sucré.

Nous savons combien la pollinisation a un rôle important dans la reproduction des plantes et que ces dernières sont dans la grande majorité des cas (87.5%), dépendantes des insectes pollinisateurs. Il semble alors logique de penser que ce duo magique « plantes/pollinisateurs » a tout à gagner en collaborant et en utilisant les capacités/besoins l’un de l’autre. Les plantes ont besoin des pollinisateurs pour se reproduire ; les pollinisateurs ont besoin des plantes pour se nourrir et prospérer.


Nous savons aussi déjà que les plantes cherchent par de nombreux moyens à attirer les pollinisateurs sur leurs fleurs en envoyant des signaux : la couleur, l’odeur, la forme et les récompenses telles que le nectar et le pollen.


L'oenothera drummondii, ou Onagre bisannuelle, sur une plage de Hong Kong. (Crédit : Wikipedia/Geographer/CC BY-SA)

Ainsi, dans leurs travaux, les chercheurs israéliens testent l’hypothèse que les plantes pourraient répondre au bruit d’un pollinisateur qui vole en augmentant le sucre dans son nectar. Cela permettrait alors d’augmenter la chance de pollinisation et de reproduction par les mêmes pollinisateurs.


La plante étudiée dans cette recherche est Oenothera drummondii dont les plus grands pollinisateurs sont les papillons de nuit et les abeilles. Cette plante a donc été soumise à des vibrations sonores d’enregistrements de ces pollinisateurs et des sons synthétiques à des fréquences sonores similaires.


L’hypothèse formulée par les chercheurs implique donc de savoir si la plante est capable de reconnaître le son produit par le vol d’un de ces deux pollinisateurs et donc de savoir si la plante est capable de réagir en augmentant la concentration de sucre dans le nectar en fonction d’une fréquence sonore bien particulière.


Et tel est le cas !


En effet, les plantes ont été soumises à plusieurs tests sonores : le « silence », les enregistrements d’abeilles, et les stimuli artificiels (fréquence basse, intermédiaire ou haute). Lors de ces tests, la concentration de sucre dans leur nectar a alors été mesurée.


Les conclusions sont à la fois incroyables et attendues, mais encore fallait-il pouvoir le démontrer !


Les fleurs d’Oenothera drummondii produisent du nectar avec une concentration en sucre plus importante si elles sont exposées à un son naturel de battements d’ailes d’abeille mais également après une exposition à des sons artificiels contenants des fréquences sonores identiques à celles des abeilles.


Cette étude montre donc clairement que les plantes et plus particulièrement les fleurs peuvent entendre le battement d’ailes de leurs pollinisateurs et réagir en augmentant la concentration du sucre dans leur nectar afin de les inciter à butiner plus longuement.


Elle pose ainsi d’autres réflexions ; les plantes sont-elles impactées par le bruit grandissant de nos activités au point de ne plus entendre les pollinisateurs volants près de leurs fleurs ? Et quel impact sur leur reproduction alors ?

Une étude très intéressante que je recommande à tous de lire ...

https://www.biorxiv.org/content/10.1101/507319v1.full


... ou de découvrir via le podcast de Jean-Claude Ameisen sur France Inter que vous pouvez retrouver ici !



Portez-vous bien, à bientôt.  Séverine.

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