Histoires d'apicultrice - E2020-5 : l'essaimage des colonies.

Au cours du printemps et essentiellement autour des mois d'Avril et Mai en Provence, l'essaimage des colonies est un phénomène récurrent et souvent impressionnant.


Pour rappel, l'essaimage est le mode de reproduction naturel d'une colonie d'abeilles. En effet, au moment de l'arrivée des beaux jours, lorsque les rayons du soleil se font plus présent et que les journées s'allongent, la ponte de la reine s'intensifie. Lorsque la place pour pondre vient à manquer dans la ruche, la reine décide d'essaimer et s'en va avec la moitié de la colonie. Reste alors en place une colonie orpheline qui va élever une nouvelle reine à partir des œufs pondus fraichement par la fugueuse ! La reine et les abeilles qui ont essaimé vont donc former une nouvelle colonie. Ainsi, d'une seule colonie, l'apiculteur qui trouvera l'essaim possèdera deux colonies. Dans le cas où ces dernières voudront bien se faire attraper ^^.


L'essaimage est souvent considéré comme un phénomène à gérer pour les apiculteurs pour la bonne raison que si vous ne parvenez pas à voir l'essaim partir ou à le trouver lorsqu'il se pose sur une branche, alors vous avez "perdu" la moitié d'une colonie. Le processus d'élevage d'une nouvelle reine prend ensuite plusieurs jours et pendant ce temps-là, la colonie reste en "veilleuse" le temps que la future reine naisse, se fasse féconder et recommence à pondre.


A côté de cela, l'essaimage peut aussi être considéré comme un phénomène naturel et qui répond parfois à une pression forte du varroa sur la colonie. En effet, l'essaim n'aura pas d'œufs ni de larves plusieurs jours après son départ, le temps de trouver son emplacement, de s'y installer et de commencer à construire son "nid". Le varroa lui, ne pourra plus infester les larves et se cacher dans les alvéoles pendant plusieurs jours. Cela est donc un bon moyen de lutter contre le varroa.


Pour en revenir à ma saison apicole que je vous présente au cours de ces différents épisodes, j'avais décidé de ne pas créer d'essaims artificiels et de laisser faire l'essaimage naturel des ruches. A côté de cela, si une ou plusieurs colonies me semblaient fortes et que les fleurs étaient présentes à ce moment-là, je décidais alors de poser des hausses, ce qui a tendance à calmer tout de même les essaimages.


Malgré la pose des hausses, certaines ruches ont pu essaimer. Ce phénomène est quelque chose à voir au moins une fois dans sa vie ! C'est un moment excitant, qui attise la curiosité et fascine l'apicultrice que je suis. Au départ, on voit que les abeilles s'agitent devant la planche d'envol. Elles ont tendance à remonter le long de la ruche vers le haut et puis à décoller pour tournoyer devant l'entrée. Cela se passe par vague d'abeilles, et elles sortent par à coup, en nombre important en remontant la ruche. Puis, elles finissent par tourner devant la planche d'envol un long moment et d'un coup le nuage se déplace. Il ne ressemble pas à un nuage serré, condensé, mais plutôt à un nuage aéré qui tourne sans cesse et semble ne pas avoir d'objectifs. Sauf qu'à force de l'observer, on voit bien que le nuage se déplace et que les abeilles vont vers un but précis. Cela se finit généralement sur une branche d'un arbre, sous une tuile, et pour ma part cette année ; sur la ruche d'à côté …


Cet essaim dont vous pouvez voir les images plus bas, m'a donné du fil à retordre et je n'ai finalement pas réussi à le stabiliser. J'ai passé plusieurs heures à suivre son déplacement, comme je vous l'ai dit, il a fini dans un premier temps sur le toit de la ruche d'à côté. J'ai alors observer l'essaim et en trouvant la reine je l'ai déposé dans la ruche qui allait l'accueillir. Tout le monde semblait vouloir s'y rendre, les abeilles ont suivi et voilà que d'un coup, un nouveau nuage se forme au dessus de ma tête et l'essaim repart ! Il a fini la seconde fois sur une branche de romarin. Donc même processus, je fais descendre l'essaim dans la ruche et je laisse en place jusqu'à la tombée de la nuit, ne souhaitant plus les déranger.


En revenant le soir, la ruche était remplie, les abeilles semblaient calmes et avoir accepter ce nouvel espace de vie. Les jours suivants, j'observais la vie de la colonie de l'extérieur, et tout semblait suivre son cours. Et après plusieurs semaines, je décidais d'ouvrir la ruche pour y vérifier la reine, la ponte et l'état du couvain. Tout était rassurant et encourageant, j'étais donc soulagée. Seulement voilà, après plusieurs jours, en retournant sur le rucher, plus aucune activité sur cette ruche ! A mon ouverture, la ruche était vide. Plus aucune abeilles, plus de reine, plus personne ! Aucune trace d'abeilles dans cette ruche. L'essaim avait probablement décidé une nouvelle fois que cet espace ne lui convenait pas. J'ai alors espéré qu'il trouve son bonheur dans la Nature :) !


Voici quelques images (pas de grande qualité…) de cette journée sur le thème de l'essaimage :







Une fois la période du printemps passée, que j'ai préparé du mieux possible les colonies à la production, je démarre la production du miel de lavandin dont je vous parle dans le prochain épisode "Histoires d'apicultrice".



Affaire à suivre…

Séverine.



Merci pour votre attention et votre soutien à l'apiculture consciente. Si les valeurs portées par ce projet résonnent en vous, je vous invite à venir découvrir les parrainages de ruches et les produits "Une ruche en Provence".

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