Histoires d'apicultrice - E2020-4 : l'évolution de la colonie au printemps.

Dans le précédent épisode, j'ai pu vous parler des différentes floraisons que l'on retrouvait au pied du Luberon, en Provence. Ces nombreuses fleurs qui arrivent à quelques jours d'intervalle, stimulent les colonies qui s'empressent de faire grandir leurs oeufs ! Ainsi, voyons de plus près ce qu'il se passe à l'intérieur de la ruche lorsque le printemps montre le bout de son nez.


Dans un premier temps et ici en Provence, les premiers rayons de soleil chaleureux arrivent vers la fin février, début mars. De manière générale, je fais ma visite de printemps autour du 1er mars. A ce moment-là, les fleurs de romarin sont déjà bien présentes et l'on peut observer devant la planche d'envol que les butineuses ne rentrent pas les pattes vides ! Cela nous donne déjà une indication sur la santé de la colonie : le reine est bien présente, le couvain également car le pollen rentre et servira à nourrir les larves d'abeilles.



Ainsi, de mars à début juin, l'objectif va être de faire grandir gentiment les différentes colonies et observer qu'elles ont les entrées de ressources nécessaires à leur bien-être (pollen, nectar, eau). Dans le cas où les ressources sont abondantes et que la météo est avec nous, les abeilles pourront demander à produire une hausse avant le mois de juin. Cela sera donc du miel de toutes fleurs. Elles pourront également être prête pour produire au moment de la floraison de lavandin et seront alors transhumer vers les champs à côté de Roussillon.


Lorsque je dis qu'il faut faire "gentiment" grandir les différentes colonies, je parle essentiellement de faire accroître le couvain. En effet, les colonies hivernent généralement autour de 5-6 cadres avec 3-4 cadres de couvain et 2-3 cadres de réserves. Certaines colonies peuvent hiverner avec davantage de cadres de réserve. Ainsi, au printemps, lorsque les rentrées de pollen et nectar sont plus importante, il convient d'agrandir le couvain et de faire de la place pour la ponte de la reine, qui repart fortement. Ainsi, j'ajoute au moment de la visite de printemps des cadres de corps composé d'une seule amorce de cire, de chaque côté du couvain. Je réitère l'opération environ tous les 10-15 jours ; période dont les abeilles ont besoin pour cirer les cadres et la reine pour y pondre. En un mois, la colonie peut facilement se retrouver sur 8-9 cadres de couvain, si les ressources extérieures sont abondantes.


J'intègre uniquement des amorces de cire sur les cadres de corps et de hausse car je suis persuadée que cela est important de ne pas trop assister les abeilles. Il existe une caste d'abeilles que l'on appelle les cirières et qui sont conditionnées pour cirer les cadres et constituer les alvéoles. Je pense qu'il est important qu'elles gardent ce rôle et qu'on leur permette de rester au plus près de ce qu'elles connaissent dans un milieu plus naturel. Elles font donc fonctionner leurs glandes cirières, qui leur servent à ça ! D'autant plus que cela ne prend pas plus de temps. Les plus septiques diront que cela nécessite plus de quantité de miel pour produire toute cette cire, ce qui est probablement juste. Pour ma part et pour utiliser cette méthode depuis plus de 3 ans, cela permet de faire des économies dans l'achat de cire gaufrée, de permettre aux abeilles d'utiliser cette fonction naturelle et indispensable de cirière, sans que cela n'impacte sur la vitesse de création des cadres. Je pense que l'on peut se permettre de "sacrifier" un peu de miel/nectar pour toutes ces bonnes raisons.


Voici un exemple d'amorce que j'utilise. La photo représente un cadre de hausse mais le principe est exactement le même pour les cadres de corps de ruches.



Une fois que les colonies ont atteint 8-9 cadres de couvain, je me laisse la réflexion entre deux objectifs différents. Le premier étant de créer des essaims artificiels afin de compenser les pertes hivernales ou d'agrandir le cheptel. Le second consiste à laisser les ruches fortes avec un objectif davantage tourné vers la production de miel.


Cette année 2020, j'ai fait le choix de ne pas faire d'essaims artificiels, de ne pas contrôler l'essaimage et de m'orienter vers des ruches fortes pour qu'elles produisent du miel de toutes fleurs ou du miel de lavandin.


Ces choix varient d'une année à l'autre en fonction de mes objectifs, de ma disponibilité, de la sortie d'hivernage et de l'anticipation pour l'année suivante. Ce sont des choix très personnels il me semble, qui ont eu un impact sur les essaimages de mes ruches ^^.


Il serait intéressant que je vous parle des essaimages de certaines ruches dans un prochain épisode. Cela permettrait d'aborder certains sujets comme pourquoi les abeilles essaiment ? L'essaimage est un spectacle incroyable que j'ai eu la chance d'observer à plusieurs reprises.


Tout cela, je l'aborderais au prochain épisode "Histoires d'apicultrice".

Affaire à suivre…



Séverine.

Merci pour votre attention et votre soutien à l'apiculture consciente. Si les valeurs portées par ce projet résonnent en vous, je vous invite à venir découvrir les parrainages de ruches et les produits "Une ruche en Provence".


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