Une réputation d’envahisseur à tort ; il est en fait un grand allié !

Le lierre ou lierre grimpant (Hedera helix L.), est une espèce de lianes arbustives à feuilles persistantes, de la famille des Araliaceae. Le nom du genre, Hedera, est une malversation du mot latin Hedea qui signifie : la corde, l’attache.




Une espèce qui s’acclimate très facilement à son milieu :



L'espèce est sauvage en zone tempérée eurasiatique de l'hémisphère nord. C'est une liane arborescente qui forme des tiges ligneuses rampantes ou grimpantes de taille indéfinie.


Le lierre atteint facilement 100 mètres de long et 30 m en hauteur. Cette espèce est originaire d'Europe (îles Britanniques, Scandinavie, France, Benelux, Europe centrale, Italie, péninsule Ibérique, Balkans), et d'Asie occidentale (Chypre, Turquie).


C'est une plante capable de s'adapter à de nombreux milieux, peu exigeante quant à la nature du sol. On la trouve très couramment en sous-bois, mais aussi sur le littoral atlantique où elle résiste aux pluies abondantes et aux embruns maritimes. Elle s'adapte aussi à la sécheresse dans les pays méditerranéens et peut pousser en montagne jusqu'à 1000 m d'altitude. Elle ne résiste cependant pas aux grands froids.




Des atouts pour les insectes qui sont toxiques pour l’homme !



Les fleurs, jaune verdâtre, portent cinq pétales.


Les fruits du lierre grimpant sont des baies (8 à 9 mm) noir bleuté groupées en grappes. Ils sont toxiques pour les mammifères et en particulier pour l'homme. Certains mammifères carnivores en mangent tout de même en petite quantité. Ils jouent un rôle fondamental pour les passereaux (le plus grand ordre de la classe des oiseaux) à la fin de l'hiver, en leur apportant une nourriture riche en lipides. Contrairement aux passereaux, les pigeons ramiers digèrent les graines.


Les feuilles du lierre sont alternes, à limbe assez coriace, vert foncé ou légèrement blanchi sur les contours du limbe. Ces feuilles sont persistantes et tombent au cours de leur sixième année.


Les rameaux sont grimpants et partiellement ornés de poils étoilés grisâtres à 5-6 rayons. Ils portent au milieu des entrenœuds des crampons parfois difficiles à enlever à mains nues, qui sont des racines adventives transformées émettant de nombreux poils ventouses qui s'accrochent à un support (mur, arbre, arbuste, etc.). Ces racines modifiées n'ont aucune fonction absorbante : le lierre n'est pas une plante parasite, et il se nourrit uniquement avec son système racinaire souterrain.




Réputation de plante parasite, elle protège en réalité son support :



Le lierre est une plante qui apporte de nombreux indices sur la composition du sol. En effet, elle indique un excès de matière organique végétale dans le sol et donc d’une carence en matière organique animale.

De plus, il est un véritable écosystème à lui seul car il abrite et nourrit un nombre incalculable d’insectes et animaux et participe à l’équilibre de l’environnement.

Enfin, le lierre est aussi un des principaux dépolluant de l'atmosphère (principalement les particules de poussières). De concert avec l'arbre, il participe à assainir l'air environnant, et par là même l'air que nous respirons.


Ce n’est pas un parasite car il se fixe à un support (mur ou arbre) par des ventouses non absorbantes, contrairement au gui qui pénètre l’écorce des arbres pour se nourrir de leur sève. Ses racines sont superficielles et ne concurrencent pas celles des arbres qui elles, vont chercher plus profondément leur nourriture. Contrairement à une idée reçue, il n’étouffe pas l’arbre qui lui sert de support, car il grimpe verticalement, ne s’enroule pas, et n’empêche pas l’arbre de grossir.


Les véritables pelotes permanentes de lierre dans un arbre servent d'abri et de lieu d'hibernation à une faune nombreuse. Ainsi il permet d'accroître la quantité d'auxiliaires utiles (par exemple pour un verger) car il leur fournit un réservoir de proies supplémentaires.

Les tiges entourant l’arbre peuvent également le protéger d'un feu courant, de la fracture par le gel, des animaux pouvant endommager l'écorce. Il absorbe l'excès d'humidité, et a une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries ou parasites pouvant s'attaquer à un arbre.


Tant que l’arbre support est en bonne santé, tout se passe bien. Mais si celui-ci vient à avoir une faiblesse quelconque, grand âge ou maladie, alors la symbiose se transforme en compétition. Le feuillage de l’arbre perd de son opacité, il est moins dense, plus perméable…le lierre en profite, il reçoit plus de photons lumineux, et voit sa photosynthèse améliorée et donc sa croissance s’accélérer.




Un cycle inversé qui est bien utile !



Si le lierre fleurissait en même temps que les arbres qu'il protège et sauve pour la quasi-totalité, alors à nombre de pollinisateurs égal, la concurrence pour la pollinisation des fleurs serait inévitable.

Cependant, le lierre ne fleurit que de fin septembre à octobre, voire novembre, c'est-à-dire après que la plupart des autres plantes ont terminé leur floraison, et après la chute des feuilles, le pollen pouvant mieux se disperser ainsi - et les fleurs peut-être plus visibles.


C'est ainsi une source critique de nourriture pour les abeilles et autres insectes à une période où il y a peu de fleurs et où l'hiver arrive, et donc ensuite de fruits pour les oiseaux, en février, à une période où de même peu de fruits sont disponibles.




Un intérêt apicole important au vue de sa période de floraison :



A l’automne, période où les floraisons sont rares, c’est une véritable "ruche" avec des milliers d’abeilles, de guêpes, syrphes, papillons qui viennent se nourrir de nectar et de pollen des fleurs minuscules du lierre. Des chercheurs de Brighton ont pu démontrer qu’à cette époque de l’année, les abeilles pouvaient récolter jusqu’à 90% de leur nourriture sur les différentes variétés de lierre. Cette notable rentrée en nectar et en pollen, stimule la ponte de la reine et entraîne l’apparition des générations d’abeilles d’hiver indispensables au moment de la reprise d’activité des colonies au premier printemps.


Le lierre est un des plus grands amis des abeilles, que ce soit pour son nectar, son pollen mais aussi pour sa propolis. Celle-ci est très utilisée par les abeilles au cours de l’automne pour préparer la ruche : lisser les alvéoles, rigidifier les rayons et boucher les entrées d’air… Ses propriétés fongicides et bactéricides servent aussi de médicament pour la colonie.


Le lierre est également l’hôte exclusif d’une abeille solitaire qui porte donc nom, collète du lierre (Colletes hederae). Les adultes apparaissent au moment de la floraison de leur hôte et les femelles récoltent uniquement son pollen et son nectar pour nourrir leurs larves souterraines. On dit que cette abeille très spécialisée est monolectique (butine une seule espèce de plante).


Ainsi, le lierre une véritable aubaine pour tous les insectes qui hivernent au stade adulte et qui doivent se constituer d’importantes réserves adipeuses pour affronter les rigueurs du climat. Durant l’hiver et au début du printemps il sert de garde-manger aux oiseaux, car si ses baies sont toxiques pour l’homme elles sont un véritable régal pour eux.



Le lierre et ses bienfaits thérapeutiques :



Depuis l'Antiquité, le lierre grimpant est connu pour traiter les bronchites ou les rhumes. Il permet d'apaiser la toux et de dégager les voies respiratoires. Aujourd’hui, l'extrait hydroalcoolique sec de feuille est utilisé dans la composition de sirops contre la toux dans des affections bénignes.


En usage interne, l’infusion de feuilles fraîches ou sèches soulagerait les affections chroniques des voies respiratoires en cas de rhume, de bronchite et même de coqueluche. Son action permet de dégager les voies respiratoires et apaiser une toux grasse. Cette méthode serait aussi efficace contre l’arthrose et les rhumatismes.


En usage externe, son action est reconnue contre les affections de la peau. Il peut être utilisé en application cutanée, pour calmer les brûlures, les démangeaisons. Il contribue également à la cicatrisation des plaies et possède un effet anticellulite. Enfin, il permet notamment de soigner les cors au pied.





Ainsi, loin d'être un parasite, le lierre est à l'inverse un organisme mutualiste (interaction entre deux espèces, dans laquelle les organismes impliqués tirent, tous les deux, profit de cette relation). On parle alors d'une interaction à bénéfices réciproques. Le lierre ne mérite donc pas son surnom de "bourreau des arbres". Il possède un intérêt apicole qui n’est plus à prouver et qui apporte à nos butineuses une belle dose de complément de nectar, de pollen et de propolis nécessaire pour affronter l’hiver.



Une ruche en Provence.

Pour parrainer une ruche, rendez-vous sur : www.unerucheenprovence.fr.

Les ruches sont installées en Provence, au pied du Luberon. Le parrainage de ruches vous permet d'obtenir du miel en contrepartie de votre participation ainsi que de suivre l'évolution de votre ruche au cours de la saison.

Plus de photos et de vidéos sur le compte Instagram de ce projet : @unerucheenprovence



Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lierre_grimpant ; https://www.lechemindelanature.com/2016/11/18/lierre/ ; http://jardinonssolvivant.fr/le-lierre-un-tresor-meconnu/ ; http://www.doctissimo.fr/html/sante/phytotherapie/plante-medicinale/lierre-grimpant.htm#proprietes-medicinales-du-lierre-grimpant ; http://www.domaine-apicole-chezelles.com/le-gouvernement-de-sa-tres-gracieuse-majeste-fait-la-promotion-du-lierre/ ; https://www.permaculturedesign.fr/meilleures-plantes-melliferes-nourrir-abeilles-toute-annee-apiculture-naturelle/ ; https://www.coopapiloire.fr/les-plantes-melliferes/jacques-piquee-lierre-grimpant/

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